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Rêves de rêves, de Tara King et de café liégeois
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La vie dans une goutte d’eau

July 2, 2009 | 23:24

C’était pour lui le dernier de tous, le dernier des jours. Ce soir, c’est terminé. Il lui a fait un dessin hier, avec amour, et une fois emballé, il lui a porté au matin et après, je ne sais pas, je n’y étais plus, c’est son histoire à lui et je n’en saurais certainement pas plus. Il gardera ça avec lui une partie de sa vie je l’espère.

Dernier jour de petite école, je lui demande s’il n’est pas trop triste.

Ben de quoi ?
Tu n’iras plus jamais de ta vie à la maternelle. L’année prochaine, c’est la grande école.
Mais si Papa, j’y retournerai, quand je suis serai à la retraite…
Ah bon ?
Oui, quand je serai à la retraite, j’irai visiter toutes les écoles dans lesquelles je suis allé.
(…)

J’essaie de me raconter des histoires dans le train. J’essaie de terminer L’homme sans talent d’Yoshiharu Tuge ; un japonais s’assied en face de moi. Je le range et n’arrive pas plus à lire mon Kawakami ; mon esprit se dissout. Je me sens bien mais à bout de forces et je n’arrive plus à rassembler ce que je suis. Besoin de temps pour moi, besoin de me concentrer.

« Quand tu auras enfin visité
Tous les sanctuaires de la terre
Tu reviendras chez toi regarder
La vie dans une goutte d’eau
Déposée par la pluie d’automne
Sur une feuille de bananier »

Ôe Tômatsu

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You see what I mean - Trois

June 29, 2009 | 11:00

Trois, pas plus…

n° 28 Trois

Trois

« You see what I mean » comme une affirmation, ou comme une question, une question qui amène une réponse à l’autre bout du monde, ou plutôt deux questions qui interrogent le monde et par lequel on répond avec l’œil du spectateur au travers de l’objectif. C’est le défi auquel nous nous plions Fabienne et moi, une fois par semaine autour d’un thème choisi d’un commun accord. L’orientation choisie, nous nous faisons la surprise de l’image avec notre personnalité, notre regard, notre sensibilité, pour donner naissance à de nouvelles perspectives qui étonneront certainement autant les visiteurs curieux que les auteurs.

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J’ai pris le train de dix-huit heures vingt-six ou un autre

June 26, 2009 | 20:32

A 5h30, je me réveille, vraiment mal dans ma peau, accablé de sommeil.
A 6h60, sans avoir pu me rendormir, après avoir tourné une heure, entourbillonné dans la couette un peu lâche et frippée, je me lève sans attendre que le réveil crache sa musique.
A 7h71 je suis sous la douche. Frotte partout, dans les coins.
A 8h01 en train de commencer à me préparer pour partir. Je traîne, je désagrège mes flux, je regarde par la fenêtre pendant que mon expresso coule.
Mon fils ne se presse pas, comme tous les matins, ça m’énerve et je commence à fulminer doucement.
A 8h20, je suis devant l’école pour le déposer. Nous nous embrassons. Tous les jours, c’est un déchirement.
A 9h30, j’arrive au boulot déjà exténué, les yeux qui brulent, la migraine qui me cajole. Je ne me lève que pour aller faire chauffer l’eau pour le thé.
A 13h00, ou un peu avant, je lève le camp pour aller me chercher de quoi déjeuner, j’ai mis mon nez dehors cinq minutes, le temps de souffler un peu.
A 13h87, je reviens devant mon PC et je mange mes pâtes au curry en surfant distraitement quelques minutes, et déjà je recommence à bosser, je n’aime pas perdre mon temps.
Parfois je discute sur MSN avec des inconnu(te)s.
L’après-midi, c’est le marathon. Je fonce jusqu’à 16h30 sans relever la tête, une pause de cinq minutes et je repars.
Ce soir je pars tôt, 17h50, ça fait pâle comparé aux 20h00 réguliers. Mais je vais chercher mon fils à l’école. Je vois toujours les mêmes têtes, toujours les mêmes inconnus.
A 18h96, je passe l’aspirateur, je lave le sol, fais la vaisselle, étends le linge, change la litière qui pue l’enfer, désodorise avec un flacon de mûre sauvage.
A 21h74, je me mets à table. A 21h30 je couche mon fils, lui donne son lait du soir et je sors mon portable pour commencer à bosser.
Ce soir je fais des tableaux croisés dynamiques pour visualiser les fichiers agrégés par niveau.
Il faut que je rende tout ça demain pour respecter le planning que je m’impose tout seul comme un grand. Barré je suis.
Je referme mon portable à minuit, j’ai les yeux effondrés.
Qui me demandait l’autre jour si mes journées n’avaient pas plus de vingt-quatre heures ? Parfois non, parfois, je m’endors à 21h00 devant la télé comme une immense bouse, en sueur, exsudant mes douleurs de la journée avant de tituber vers mon lit.

J’adore ma vie
autant que la maudis

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You see what I mean - En face

June 22, 2009 | 11:00

Je tente de comprendre qui sont ces gens qui évoluent au travers des vitres, de l’autre côté de la vie, dans l’autre immeuble. Un vis-à-vis pas tout à fait à vis, mais quand-même, du septième étage, pas besoin d’être complètement en face de chez eux pour voir ce qui se passe sur leur balcon ou dans leur cuisine. Il y a un couple qui a refait sa cuisine en vert acidulé et qui attise ma curiosité, ils ont souvent des invités et passent leur temps à faire la cuisine. Il y a un couple de personnes âgées dont la disposition des meubles n’a rien à voir avec chez moi. Ils ont inversé salon et salle à manger, à moins que ce soit moi qui n’ai pas fait comme les autres. Les stores se ferment tous les soirs à 19h00 pétantes. Mais surtout au quatrième étage, il y a cette femme brune aux cheveux courts, une belle et grande femme au teint hâlé, au maintien hautain, et qui malgré cela cueillait des feuilles de menthe sur son balcon ce matin en peignoir bleu ciel, désacralisée mais toujours belle. En face, il y a toujours des inconnus dont on ne voit que des bouts de vie, dont on pense connaître de minimes tranches fines d’existence, dont on prend l’habitude, des inconnus dont on connaît les lumières, les horaires, dont on voit le lieu de vie en totale symétrie, des meubles différents, des rideaux aux couleurs qui ne nous plairaient pas, mais malgré tout le temps qu’on pourra passer à tenter de comprendre leur vie, ce seront toujours des inconnus. Et ils seront toujours en face.

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Pas besoin de titre

June 21, 2009 | 23:47

Je n’ai pas pour habitude de commenter l’actualité, parce que je ne suis pas suffisamment assidu pour pouvoir avoir un regard critique, parce que je ne veux pas être taxé d’opportuniste, parce que je n’aime pas, tandis que je m’efforce de faire croire ici que le monde n’est que beauté et bons sentiments, rompre l’harmonie de ce lieu que j’habite de mon esprit, mais parfois je fais une percée, particulièrement choqué par ce que je vois, sans que qui que ce soit n’ait à me donner les clefs pour déchiffrer.
Simplement, je crois que ces images-là, il faut les voir, s’en imprégner, parce qu’elle signifie plus que tous les commentaires qu’on pourra faire sur la situation. Read the rest of this entry »

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Short Circuits

  • Tanka #1 -

    Au-dessous des yeux,
    Près de son corps enflammé,
    Et loin devant lui
         Quelque chose qui s'évapore
         Comme une larme d'été

  • Ce qui fait Ryôan-ji -

    C'est un fait admis, le jardin de pierres de Ryôan-ji est considéré comme le plus beau, le plus grand jardin zen du monde asiatique. Toutefois, son exposition, le fait de son incroyable renommée et qu'il ne puisse être admiré que derrière une vitre qui doit agréger les miasmes du monde entier, cet ensemble a de quoi parasiter la beauté du lieu et sa symbolique toute puissante.
    Ce jardin recèle en lui tellement de puissance dans sa représentation de l'harmonie naturelle que sa signification en reste presque inatteignable, si toutefois il y a quelque chose de plus à comprendre que le simple fait qu'il représente la nature. Ryôan-ji toutefois comporte une petite surprise ; en effet, ce sont en tout quinze pierres disséminées dans le jardin, mais d'où que l'on se place, on n'en voit toujours que... quatorze. Une parabole efficace sur la vérité ?

  • 50% -

    Deux billets dans la semaine, le second a été bouffé par la machine suite à une mauvaise manipulation. Vachement motivant. Je vais aller me coucher tiens.

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