« On vit une période inversement proportionnelle à la confiance exubérante » qui a poussé les bulles à gonfler et le marché à enfler démesurément. « Là, on assiste à un mimétisme de psychologie baissière qui rien ne semble enrayer. C’est une crise systémique d’une gravité extrême, où il est difficile de localiser où et comment intervenir. » Car l’économie a deux ennemis, dit l’économiste Alexandre Delaigue : l’avidité et la peur. Après avoir fricoté avec le premier, la voilà qui plonge dans les bras de la seconde. Et les politiques nagent en plein brouillard. « On a une visibilité de cinq à six heures, » confiait-on hier à l’Élysée. Rassurant…
Libération, Christian Losson,
édition du 9 octobre 2008
Si j’étais vraiment saisi par la parano, je pense que j’arriverai à me dire que les choses vont mal. Mais que la crise vienne, qu’elle vienne ! Même pas peur. Mais en fait, je ne vois pas comment l’organisation de l’information arrive encore à nous faire peur, à nous imaginer les pires scénarios. En fait, comme à l’aube du 11 septembre 2001, un vaste mouvement s’est emparé des faits pour raconter des histoires (pas au sens de mentir, mais au sens narratif). Aujourd’hui, j’ai l’impression que le scénario recommence. L’économie va mal ? Très bien, passez-lui le bonjour de ma part et comme disait le type hier dans le train à côté de moi “Tu as mangé quoi ce midi ? … OK… Et ce soir tu manges quoi ?… Très bien… Tant que tu peux manger le midi et le soir, c’est que tout va bien.”
Pas besoin de diplôme pour prouver ce qu’on vaut. D’ailleurs, mon diplôme, je ne suis même pas allé chercher le jour de la remise. Le seul curriculum vitæ qui ait une valeur, c’est la taille de la bite.
Plus grosse est la bite, plus grande est la confiance en soi.
Dr Christian Troy, Nip/Tuck
(transcription de mémoire)
Ça me fait penser que ça fait deux jours que je n’ai pas fait ma vaisselle et que le filet mignon commence à sentir fort et à coller dans la cocotte.
Vers 1882, Friedrich Nietzsche acheta une machine à écrire - une Mailing-Hansen Writing Ball, pour être précis. Sa vue baissait, et il lui était de plus en plus pénible et douloureux de fixer son regard sur un page, sans compter les maux de tête que cela provoquait. Il avait été contraint de réduire les moments consacrés à l’écriture et craignait même d’avoir à y renoncer. La machine à écrire le sauva, au moins pour un temps. Une fois qu’il eut maîtrisé l’emploi des touches, il fut capable d’écrire les yeux fermés, utilisant seulement le bout des doigts. Les mots purent à nouveau couler de son esprit vers la page. Mais la machine eut un effet subtil sur son travail. L’un des amis de Nietzsche, un compositeur, remarqua un changement de style. Sa prose déjà laconique devint encore plus serrée, plus télégraphique. « Peut-être parviendrez-vous avec ce nouvel instrument à un nouvel idiome ? » lui écrivit son ami qui notait au passage que pour sa part, ses « pensées » musicales dépendaient beaucoup de la qualité de l’encre et de la plume. « Sous l’influence de la machine, écrit le spécialiste de Friedrich Nietzsche, A. Kittler, sa prose est passée des arguments aux aphorismes, des pensées aux jeux de mots, de la rhétorique au style télégraphique […]. » Tandis que nous nous reposons sur les ordinateurs pour être nos intermédiaires dans notre compréhension du monde, c’est notre propre intelligence qui devient artificielle. »
Cet article, je l’ai trouvé dans Philosophie Magazine du mois d’octobre. L’auteur en est Nicholas Carr qui se prétend écrivain, dans Atlantic Monthly d’août 2008. C’est un texte que je n’aime pas, au-delà de son aspect anecdotique. Premièrement, je le trouve complètement anti-significatif. Nietzsche n’est pas spécialement le genre d’auteur qui peut servir d’exemple à quoi que ce soit. Ensuite, c’est un texte plein de virgules et vraiment les virgules ont tendance à m’emmerder. Et pour finir, je suis quasiment certain que je ne lirais jamais aucun livre de ce Monsieur Kittler car je trouve son postulat complètement ridicule - et accessoirement je me demande également pourquoi Nietzsche n’avait pas les moyens de se payer un secrétaire ?
C’est assez amusant, je suis justement en train de lire un livre sur le storytelling, cette fabuleuse mode qui s’étend par contagion dans toutes les strates du décisionnel. A ce même moment, je découvre ce site appartement à Orange pour propulser sa solution de réseau social mobile MySocialSpace. La corde sensible, un certain second degré reprenant la campagne de la SPA, c’est le cocktail plus ou moins heureux au travers de cette présentation qui se nomme tout simplement Sauve tes amis.
On appréciera, ou pas.
J’ai lu il y a quelques jours le billet de Karl qui range ses livres. Geste ample des livres qui s’entassent dans les boîtes que l’on va transporter je retrouve des auteurs qui me sont familiers entrer dans l’intimité d’un lecteur comme entrer dans la chambre d’un enfant qui dort et qu’on préserve dans son sommeil je reconnais Barthes et l’Empire des signes Nicolas Bouvier et son Usage du monde Auster et Nabokov. Une mise en perspective née du hasard ou des tailles différentes des volumes que l’on case pour combler un espace resté vacant là juste sur la gauche il reste encore de la place.
A l’inverse moi je déballe mes cartons et je prends un grand plaisir à tout ranger à trouver une place pour chaque chose pour chaque objet et certains mêmes sortent tout juste du carton pour finir dans un sac poubelle comme un cadavre au détour d’un carrefour. Je n’ai pas encore sorti mes livres ils dorment encore je n’en ai sorti qu’un ou deux histoire de marquer le coup reprendre Bret Easton Ellis qui finit par me dégoûter de ses page putrides - j’en parlerai plus tard - pour l’instant je lis avec légèreté en papillonnant tout doit m’être léger en ce moment qu’en surface légère légère.
Du mal à me fixer m’asseoir prendre le temps alors je butine de fleur en fleur et tombe de temps en temps
et j’arrive à découvrir encore comme ce petit espace Inspire Me de Mitternarcht qui a décidé de séparer ses écrits et finalement c’est ce que je devrais faire aussi dès lors que j’aurais retrouvé le rythme l’envie la passion déballé mes livres mes carnets mes secrets trésors cachés là un peu partout au gré de tout ce que j’ai emballé un jour à la hâte. Demain j’arrête et demain je commence même si je ne sais pas vraiment quand sera demain si demain arrive un jour.