Avec vue sur l’amer
20 04 2007Il y avait un peu de monde dans les rues. Je n’ai plus rien écouté, je me suis fermé comme une huître et les autres parlaient - parlaient sans arrêt - rien ne passait - on a dû me parler d’un anniversaire, mais je n’ai pas écouté, je n’aime pas écouter les sinistres conversations qui s’épuisent dans les ténèbres - les mots qui ne s’inscrivent nulle part - qui flottent dans l’Ukiyo-e pour finalement ne jamais redescendre. Il faisait très chaud, certainement, je crois me souvenir, mais surtout il faisait nuit. A Paris - une rue perpendiculaire à la Seine et qui part de l’île Saint-Louis - des boutiques luxueuses mais éteintes à l’intérieur desquelles on a parfois l’impression de voir des ombres flottantes - signes de vies imaginaires où l’on voit tout en noir et blanc - résidus d’activités de journées bruyantes lorsque les vêtements collent sur la peau comme - comme je ne sais pas - des gens dont on aimerait bien partager la vie ne serait-ce que quelques instants - ou toute une vie…
Café de l’Atelier, rue d’Orsel
J’étais assis à la terrasse d’un café. Il faisait vraiment très chaud - dans cette nuit parisienne et bruyante - des fanatiques quelconques devaient crier pour je ne sais quelle raison - je m’en fous - et… le temps s’étire comme dans ces moments où l’on est plongé dans un livre - tout à coup - plus rien n’existe autour et on est plongé dans une dimension sans dimension - le temps de l’horloge s’arrête et un autre prend sa place…
Théâtre de l’Atelier, rue d’Orsel
Je me sens bien - j’ai mal - je ne sais pas - où est-elle ? Qui… Combien de temps ? Impossible à dire - des années et des lumières - un poème en forme de grâce - les yeux grands fermés - des mots qui s’entrechoquent - je suis saoul ? Non pas encore - attends encore un peu - il faut que je bouge… Comment ça ? Oui il faut que je me remue, je ne peux pas rester là comme ça sans bouger mes jambes commencent à fourmiller mon corps s’emballe j’ai chaud je suis excité je bouge dans tous les sens je me sens agité et perclus de micro-douleurs enfantines bègues stridentes et surannées pour me soigner je pense à autre chose bon Dieu je suis excité c’est quoi comment ça tu ne le sais pas ? Si bien sur je sais ce que c’est… Grand impatient va ! - oui - et alors - je ne suis pas là - je ne suis plus là… tu ne m’as pas appelé - je ne t’ai pas entendu - tu ne m’as pas attendu - ta voix !! Où es-tu…
Tu as filé.
Et je suis là… un peu triste… mauvaise journée - non, c’est pas ça - mais c’est un tout - l’impression que rien ne changera - je ne sais pas - je suis fatigué là et je n’ai pas envie de penser.
Il y avait un peu de monde dans les rues. Il faisait vraiment chaud. J’étais assis à la terrasse d’un café.





