You see what I mean - Abus de confiance

24 11 2008

Abus de confiance, comme une tromperie. Ce délit est constitué par trois éléments constitutifs : un détournement, un préjudice et une intention, et suppose au préalable la réunion de deux conditions. (Source Wikipédia). Je ne peux pas m’empêcher de voir la philosophie toute entière comme un abus de confiance, comme ce qui, étant par définition abscons, ne mène jamais vers une voie claire et finit par apparaître comme une tromperie aux yeux de celui qui s’y lance. Le questionnement nécessite de la maîtrise, la maîtrise de l’expérience, et l’expérience, de la concision. Sans cela, c’est le gouffre, le néant, l’angoisse terrible de la question qui ne trouve jamais l’objet sur lequel elle porte.

n° 2 Abus de confiance

socrate

« You see what I mean » comme une affirmation, ou comme une question, une question qui amène une réponse à l’autre bout du monde, ou plutôt deux questions qui interrogent le monde et par lequel on répond avec l’œil du spectateur au travers de l’objectif. C’est le défi auquel nous nous plions Fabienne et moi, une fois par semaine autour d’un thème choisi d’un commun accord. L’orientation choisie, nous nous faisons la surprise de l’image avec notre personnalité, notre regard, notre sensibilité, pour donner naissance à de nouvelles perspectives qui étonneront certainement autant les visiteurs curieux que les auteurs.



Japon de la nuit

24 11 2008

Deux photographes qui s’enferment dans le discours de la nuit, dans le silence des nuits sans personne, une pure objectivité teintées de couleurs qu’on voit peu, lorsque les douces âmes de l’empire du soleil levant sont tranquillement en train de rêver d’autres sillonnent les rues pour fixer sur la pellicule le sang de la vie nocturne.
Des lieux et des lumières qui n’échapperont pas aux admirateurs de Murakami Haruki.
Tomoyuki Sakaguchi et Nobuhiro Fukui.

Via Hippolyte Bayard.



The Fifth Wheel

20 11 2008

« Imagine un aveugle qui rêve », dit-elle. Je suis assis près d’elle, sur la plage de Malibu et, malgré l’heure très tardive, nous avons toujours nos Wayfarers sur les yeux, et bien que j’ai été allongé près d’elle au soleil sur la page depuis midi (elle est arrivée sur la plage à huit heures ce matin) j’ai encore un peu la gueule de bois à la suite de cette soirée où nous avons été hier soir. Je ne me souviens plus très bien de la soirée, mais je crois que c’était à Santa Monica, mais peut-être un peu plus bas, peut-être à Venice. Les seules choses que je me rappelle sont trois bonbonnes d’acide nitrique sur une véranda, posées par terre près de la chaîne stéréo, un air de Wang Chung, moi tenant une bouteille de Curevo Gold, une mer de jambes poilues et bronzées, quelqu’un qui répète sans arrêt : « Allons chez Spago, allons chez Spago » d’une voix de fausset.

Bret Easton Ellis, Zombies.

Photo © imagebysp

J’avais été charmé par le ton cynique et désabusé de Less than zero, cette sorte de distance qui fait de son premier roman un véritable chef-d’œuvre, ainsi que par les lois de l’attraction, un autre livre étonnant, une sorte de bombe stimulante dans le monde parfois trop calme de la littérature. Pourtant, j’ai lu il y a quelques semaines de cela Zombies (The Informers), un livre de nouvelles qui semblent avoir été écrites avant Moins que zéro et qui sont d’une violence folle dans l’intériorité des personnages, et pour la première fois de ma vie, j’ai eu un mouvement de répulsion face à un livre, un réel sentiment de dégoût jusqu’à la nausée. J’ai lâché le livre, je l’ai jeté au loin pour ne le reprendre que quelques jours plus tard et le terminer à contre-cœur.
Cette fois-ci, l’écrivain, l’artiste, le génial Bret Easton Ellis a dépassé toutes les bornes avec un texte dont je n’arrive pas à justifier l’horreur, mais c’est précisément là que ça me pose problème. N’est-ce pas le propre d’un génie de susciter autant d’émotion, que ce soit dans la joie, dans la beauté ou dans l’horreur ? J’y perds mes repères, mais je suis dégouté par ce 11ème chapitre de Zombies. Je ne pourrais pas oublier ce que j’ai lu.



Josef Hoflehner

19 11 2008

Il y a quelque chose de fantomatique par ici, quelque chose qui fait penser à ce qu’on trouve également chez Mickael Kenna, un dépouillement absolu, une lumière crue, l’espace à perte de vue, des impressions sorties d’un livre d’images aux pages blanchies par le vent.
Josef Hoflehner a quelque chose du magicien globe-trotter.



Collider

19 11 2008

Une ambiance réellement captivante dans un décor de rêve, un site qui allie beauté et harmonie.
Collider, une usine à design de haute qualité et des images envoûtantes.



You see what I mean - Le commencement

18 11 2008

Le commencement, symbolisé par une vis sans fin à l’intérieur de laquelle une boule de verre a été insérée. J’ai voulu signifier que le commencement de tout commence par un mouvement, une impulsion que l’on donne à quelque chose pour lui donner la forme que l’on souhaite. Cet objet qui se trouve au-dessus de mon canapé symbolise pour moi ce qui n’a pas de fin, mais qui nécessite forcément de s’en emparer et de lui imprimer une certaine vitesse.

n° 1 Le commencement

commencement_1

« You see what I mean » comme une affirmation, ou comme une question, une question qui amène une réponse à l’autre bout du monde, ou plutôt deux questions qui interrogent le monde et par lequel on répond avec l’œil du spectateur au travers de l’objectif. C’est le défi auquel nous nous plions Fabienne et moi, une fois par semaine autour d’un thème choisi d’un commun accord. L’orientation choisie, nous nous faisons la surprise de l’image avec notre personnalité, notre regard, notre sensibilité, pour donner naissance à de nouvelles perspectives qui étonneront certainement autant les visiteurs curieux que les auteurs.



Everland, hôtel nomade

16 11 2008

Le premier et seul véritable hôtel nomade et inaccessible…
Everland.



Les terres blanches

15 11 2008

Hier, nous étions jeudi, j’avais pris cette journée pour passer du temps avec mes grands-parents, le matin aller à Paris avec mon grand-père - je crois que je n’ai jamais passé autant de temps seul avec lui. Nous avons fait un long trajet, en bus d’abord, puis en train, avec une correspondance à Châtelet, et nous avons marché longtemps dans les souterrains de Gare du Nord, rebroussé chemin et enfin nous sommes arrivés. Nous avons passé beaucoup de temps ensemble, et nous avons parlé de tout et de rien, je lui ai posé des questions, j’étais assis à côté de lui, un peu angoissé tout de même et tout s’est très bien passé. Mon pépé. Nous avons plaisanté parce qu’il avait oublié quelques poils avec son rasoir - et je me suis bien marré lorsque rentré chez moi le soir, je me suis regardé dans le miroir de l’ascenseur pour découvrir que j’en avais moi-même oublié deux juste sous le nez… Et puis nous avons fait le même chemin en sens inverse, un long chemin fatigant, et je me suis inquiété pour lui parce que mine de rien, oui c’était long, même moi j’en avais plein les bottes. Dans le bus au retour, contents de nous asseoir et de nous laisser porter, nous avons fait des détours par Chatou, dans le quartier des Terres Blanches.

Les Terres Blanches, je m’en souviens à présent, j’y allais parfois à vélo quand j’étais gamin avec mon copain Thierry, et Pierre aussi, ce n’était que des champs à perte de vue, comme les Sablons et les Petits Chênes aussi et aujourd’hui, tout ceci est dessiné de maisons neuves, d’immeubles en arc-de-cercle, de pavillons placés dans des impasses aux noms saugrenus et dans lesquelles il n’y a qu’une seule maison, des petites boîtes et des grosses boîtes, toutes identiques, toutes pareilles, plantées là au milieu des champs.
Je suis allé chercher deux baguettes et des éclairs au café pour ma mémé et moi, et puis nous sommes revenus au bercail où nous attendait une cuisse de dinde avec une pleine marmite de ratatouille comme je l’aime, et une fabuleuse pomme au four tapissée de confiture de groseille.
Comme quand j’étais gamin, un moment privilégié empli de nostalgie de ce temps où je n’avais à me soucier de rien et où la vie revêtait cette simplicité dans laquelle se drapent les mioches avec un certain goût du confort. Une journée mémorable parce que pleine de tendresse et d’amour.

Les terres blanchesPhoto © Raymond Depardon in Voyages



Nuit et brouillard

15 11 2008

Un petit set sur Flickr, par le très talentueux Lucas Janin. Perd pas la main le garçon… Et comme dirait l’autre:

Tu m’énerves !
Ton appareil photo m’énerve !
Mais surtout, ton talent m’énerve !!!!



NO digital - Yoshihisa Kajioka

15 11 2008

NO digital, un monde sombre fait de noir & blanc qui invite au silence, à la méditation autour de ces ombres qui crèvent l’image, de ces corps qui sortent de nulle part pour s’emparer du regard hagard du spectateur. Rarement des photos m’ont autant captivé.
Via Asian Photography blog. Par Yoshihisa Kajioka.